Il était une fois en Chine[IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE - TSUI HARK - 1991]

Impossible de parler du cinéma hong-kongais sans jamais parler de Wong Fei-Hung. Sa renommée au cinéma est sans pareil et dépasse l'entendement. Il est le sujet de ni plus ni moins de 89 films, le premier datant de 1949 et le dernier de 2004. C'est un personnage absolument mythique, qui a été interprété par toute une foule d'acteurs et d'artistes martiaux, et dont la vie et les aventures ont été portées à l'écran par les plus grands réalisateurs de Hong Kong.  Au-delà de ça, c'est un personnage qui constitue lui-même un pan entier de la culture populaire chinoise, autour duquel tournent d'autres personnages mythiques de cette dernière, comme le boucher Lin Shi-Rong ou son père Wong Kei-Ying... Tous deux des figures également majeures du cinéma hong-kongais. Mais comme le dit si bien le commandant Jackson dans IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE premier du nom, "who is this Wong Fei-Hung? The devil?". Ce n'est certainement pas le diable, mais il reste un personnage important et crucial à l'histoire de l'industrie cinématographique hong-kongaise et mérite donc l'attention toute particulière de quiconque s'y intéréssant.

Wong Fei-Hung, seule photo connue[Seule photo connue de Wong Fei-Hung. C'est en fait un de ses fils lui ressemblant le plus.]

Wong Fei-Hung (9 Juillet 1848 - 25 Mars 1924), également connu sous le nom de Huang Fei-Hung, était un artiste martial chinois de grand renom, mais aussi un physicien, un acupunturiste, et un révolutionnaire. Il était un authentique en Hung-Gar (ou Hongjia). Et c'est davantage de là que vient sans doute sa renommée cinématographique, personne n'étant réellement capable de restituer ses accomplissements historiques. Ce n'est pas le but ici, de toutes façons. Le personnage me parait personnellement davantage intéréssant pour sa portée cinématographique énorme que pour son importance historique quelque peu limitée. On se contentera juste de dire qu'il était un véritable maître dans les domaines des arts martiaux et de la médecine, et qu'être le fils d'un autre grand artiste martial et physicien, Wong Kei-Ying, a particulièrement aidé et renforcé sa célébrité. De même, plusieurs de ses célèbres disciples, en particulier Lin Shi-Rong, ont participé largement à l'édification de son mythe. Il meurt de maladie en 1924, et très vite, il devient une part intégrante du folklore chinois. Pourtant, aucun film ne lui sera consacré jusqu'en 1949, date à laquelle STORY OF WONG FEI-HUNG est réalisé par Peng Hu. C'est une date d'autant plus importante qu'elle marque une des premières fois ou un authentique artiste martial sera engagé pour apparaître et jouer dans un film. Cet artiste martial, c'est bien évidemment l'illustre et le culte Kwan Tak-Hing, dont la grande majorité de ses films sur Wong Fei-Hung sont maintenant impossibles à voir. Ce dernier consacrera la quasi-intégralité de sa carrière à intérprêter Wong Fei-Hung, et pour cause : le personnage séduit littéralement le public hong-kongais, et chaque film sur ce dernier est un succès commercial et populaire immédiat. De grands réalisateurs hong-kongais, comme Tsui Hark, par exemple, admettront eux-mêmes avoir grandi avec les aventures de ce personnage. Certains iront même jusqu'a dire que ce dernier est à la base de leur passion pour le cinéma.

Wong Fei-Hung, Story of Wong Fei-Hung, Kwan Tak-Hing[KWAN TAK-HING - STORY OF WONG FEI-HUNG DE PENG HU - 1949]

A l'époque, Wong Fei-Hung est, selon les témoignages des personnes ayant pu voir les films, représenté comme un héros très noble, respectant la justice, et l'exercant et la rétablissant lorsque celle-ci est heurtée. C'est aussi un héros d'envergure de par sa maîtrise sans égal des arts martiaux, et dont la noblesse, la bonté et la valeur s'expriment notamment à travers sa connaissance de la médecine et l'acupuncture. Même lorsqu'il est confronté a ses pires ennemis, Wong Fei-Hung reste droit et juste, et parvient à utiliser à bon escient l'étendue de ses arts martiaux virtuoses pour vaincre ses ennemis sans jamais les tuer. Parfois, il va même jusqu'a vaincre & a blesser grièvement ses ennemis les plus redoutables pour les guérir, et les remettre sur le droit chemin, celui de la justice, dont Wong Fei-Hung est un ardent défenseur. Le personnage a alors tout pour conquérir le public hong-kongais de 1949, alors extrêmement conservateur, et particulièrement en phase avec les valeurs de vertu et de justice que le personnage fétiche de Kwan Tak-Hing incarne. Celui-ci sera le seul à interpréter Wong Fei-Hung jusque dans les années 70. Pendant près de 20 ans, ce dernier sera toujours représenté de la même façon : juste, droit, vertueux... Dès les premiers films de la série Wong Fei-Hung de Kwan Tak-Hing, qui se finit dans les années 70, période à laquelle il prend sa retraite et fonde une école d'arts martiaux, il devient immédiatement un personnage majeur de la culture populaire chinoise & hong-kongaise, mais qui aurait pu prédire à l'époque qu'il deviendrait aussi le personnage le plus représenté de l'histoire du cinéma hong-kongais? Entre 1949 et 1970, Kwan Tak-Hing tourne pas moins de 65 films sur Wong Fei-Hung. Il en sort plusieurs par an pendant tout ce temps, et, alors qu'il arrive vers la fin de sa vie à cette époque, celui-ci, inévitablement, devait s'arrêter d'interpréter le personnage ayant fait sa gloire.

Wong Fei-Hung, The Master of Kung-Fu, Ku Feng[KU FENG - THE MASTER OF KUNG-FU DE MENG HUA HO - 1973]

Entre 1970 et 1973, aucun film sur Wong Fei-Hong n'est réalisé. Étonnant compte tenu de la renommée du personnage. Cela ne pouvait pas durer, et en 1973, Meng Hua Ho réalise THE MASTER OF KUNG-FU, ou Ku Feng, un acteur fréquemment vu dans les films produits par la Shaw Brothers (qui produit d'ailleurs le film), interprète Wong Fei-Hung. En 1974, Fung Wong réalise RIVALS OF KUNG-FU avec Chung Tien Shih dans le rôle de l'inévitable Wong Fei-Hung. Les films sont difficiles à trouver, et il est donc difficile d'en parler, mais tout indique qu'ils ne déchainent pas l'enthousiasme des foules, davantage habitué au cultissime Kwan Tak-Hing dans le rôle de ce personnage mythique. Sa retraite ne durera pas, et en 1974, il tourne dans THE SKYHAWK de Chang-hwa Jeong, aux côtés de Sammo Hung. Le film n'est pas forcément indispensable : son rythme est mal géré, et le temps à sévi, mais il est intéréssant dans le sens où il marque un virage complètement inattendu dans le traitement du personnage. Ici, Wong Fei-Hung est lâche, peine à se convaincre à agir, et la mort d'un de ses disciples n'est pas suffisante pour que celui-ci décide de se battre pour rétablir la justice, enfreinte bien des fois dans ce film dont la grande force est également le plus gros problème... Avant tout, on veut voir Wong Fei-Hung se battre et faire étalage de ses talents martiaux, mais le film vaut largement le détour pour son approche subversive et transgressive d'un personnage pourtant abordé presque 70 fois par le passé sans jamais être le sujet de grandes innovations. THE SKYHAWK est également intéréssant dans le sens ou le personnage de Sammo Hung, Fei Fei, évoque inévitablement le personnage de Lin Shi-Rong par sa carrure et son poids.

Lin Shi-Rong, Le héros magnifique, Sammo Hung[SAMMO HUNG - LE HÉROS MAGNIFIQUE DE YUEN WOO-PING - 1979]

Lin Shi-Rong, photographie[PHOTOGRAPHIE DE LIN SHI-RONG]

Ce n'est pas vraiment un hasard, puisque celui-ci interprètera Lin Shi-Rong dans LE HÉROS MAGNIFIQUE de Yuen Woo-Ping en 1980. Considéré comme un des plus grands chefs d'oeuvres du Kung Fu Pian, le film est l'un des premiers à présenter ce personnage dans un rôle conséquent. Celui-ci, également connu sous le nom de Lam Sai-wing (1860 - 1943) était un boucher que Wong Fei-Hung prit sous sa tutelle. Au contact de celui-ci, il devint un expert en arts martiaux. Mais avant tout, il est celui qui a permis au mythe de son maître d'être adapté au cinéma : avec sa femme, ils propagèrent sa gloire et sa renommée jusqu'a Hong Kong après la mort de ce dernier en 1924. Inévitablement, les studios cinématographiques hong-kongais de l'époque se décidèrent à s'intéresser à la légende Wong Fei-Hung. Ils finirent par engager Kwan Tak-Hing en 1949 pour l'interpréter, et engagèrent même la femme du défunt Wong Fei-Hung comme une conseillère technique sur STORY OF WONG FEI-HUNG. Pour autant, Lin Shi-Rong (A.K.A Butcher Wing / Porky Wing) ne sera jamais représenté au cinéma jusqu'en 1974 dans RIVALS OF KUNG-FU. En 1979, Yuen Woo-Ping offre au personnage sa première apparition notable dans LE HÉROS MAGNIFIQUE, et Tsui Hark lui donna sa représentation la plus touchante dans son IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE en 1991. Bien qu'il soit un personnage connu et renommé de la culture populaire chinoise, Lin Shi-Rong est peu vu au cinéma, et IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, LE HÉROS MAGNIFIQUE et DR WONG ET LES PIRATES (1994) restent ses représentations les plus connues. Bien qu'il ait une place plus importante dans LE HÉROS MAGNIFIQUE, beaucoup jugent que Kent Cheng, dans les IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, livra l'interprétation la plus intéréssante et la plus touchante du personnage. Celui-ci reste utilisé néanmoins pour marquer un contraste important avec son maître Wong Fei-Hung : la ou celui-ci est calme et réfléchi, Lin Shi-Rong est impulsif et n'est par conséquent pas toujours en phase avec les voeux de son maître.

Lin Shi-Rong, Il était une fois en Chine, Kent Cheng[A gauche, YUEN BIAO dans le rôle de Leung Foon, et à droite, Kent Cheng dans le rôle de Lin Shi-Rong dans IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE (1991)]

Revenons-en à Wong Fei-Hung. A la fin des années 1970 et au début des années 1980, Kwan Tak-Hing interprète pour la dernière fois son personnage fétiche, dans LE HÉROS MAGNIFIQUE et LE TIGRE BLANC (1981) de Yuen Woo-Ping. Celui-ci, en 1978, avait révolutionné le mythe, alors en essoufflement, avec DRUNKEN MASTER (1978) avec Jackie Chan. Non content de propulser celui-ci au rang immédiat de superstar, il propose un regard sur Wong Fei-Hung à l'époque complètement inattendu et subversif, témoignant d'une volonté de subvertir le cinéma hong-kongais et de le révolutionner en innovant constamment. Dans DRUNKEN MASTER, Jackie Chan interprète un Wong Fei-Hung alors dans ses jeunes années : il est irrespectueux, enchaine les gaffes et apparaît à bien des moments comme complètement débile... Mais surtout, le pari osé vient de l'innovation principale du film. Wong Fei-Hung, dans celui-ci, doit apprendre la boxe de l'homme ivre afin d'arrêter un assassin, toujours dans un souci de justice, notez. Ainsi, à terme, il tire sa force de la quantité d'alcool qu'il ingère. Impossible de ne pas voir la subversion ici, et si Yuen Woo-Ping ne va pas jusqu'à transformer le mythe en poivrot ambulant, le film, en plus d'être excellent, propose un regard tranchant largement avec la vision traditionnelle du personnage offerte par les films de Kwan Tak-Hing et renouvelle le mythe en profondeur. Au-delà de ça, le film prend aussi le parti risqué de faire de Wong Fei-Hung un personnage de comédie, aux gaffes et aux comportements relevant purement et simplement burlesque, dans une démarche bien propre aux oeuvres futures du vénérable Jackie Chan. DRUNKEN MASTER est un énorme succès à son époque, et il relance, dans une moindre mesure, l'intérêt des hong-kongais pour le mythe Wong Fei-Hung, alors que tout à l'époque laissait présager que celui-ci était cinématographiquement mort et enterré. Faux. En réalité, ses plus belles heures et ses plus beaux films sont encore à venir.

Wong Fei-Hung, Drunken Master, Jackie Chan[JACKIE CHAN - DRUNKEN MASTER DE YUEN WOO-PING - 1978]

Wong Fei-Hung, Le héros magnifique, Kwan Tak-Hing[KWAN TAK-HING - LE HÉROS MAGNIFIQUE DE YUEN WOO-PING - 1979]

Si en 1981, le grand Liu Chia-Liang s'empare pour la deuxième fois du mythe de Wong Fei-Hung avec MARTIAL CLUB (après l'avoir abordé en 1976 avec LE COMBAT DES MAÎTRES), ou Gordon Liu tient le rôle principal, c'est en 1991 que le personnage connaît un véritable renouveau. C'est à cette date charnière que Tsui Hark réalise un de ses chefs d'oeuvres, IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, qui révolutionna quasiment intégralement l'industrie cinématographique hong-kongaise, et plaça son studio de production, le FILM WORKSHOP, au sommet de celle-ci. Tout en revenant aux origines du personnage, c'est-à-dire son attachement particulier à la justice, il y ajoute une épaisseur politique et sociale, en prenant en compte réellement ses accomplissements historiques. Le film, très nationaliste, montre l'évolution de la Chine des années 1870 au travers du personnage de Wong Fei-Hung, qui ne peut se résoudre à évoluer en même temps que son pays à la façon des occidentaux, et en même temps, combat ouvertement l'oppression et les traités inégaux imposés aux chinois par ces derniers, avec notamment l'aide d'une milice, dont l'illustre Lin Shi-Rong fait partie. Tsui Hark ouvre Wong Fei-Hung sur le monde, à tous les niveaux. S'il est bel et bien le personnage principal du film, son amie occidentalisée, Tante Yee, interprétée par la magnifique Rosamund Kwan, offre au personnage une dimension sociale très profonde : le contraste prononcé entre ses deux personnages et l'intimité de leur relation, presque amoureuse dès le premier film, montre clairement la nécessité pour la Chine de s'adapter au progrès du monde occidental pour ne pas être en retard par rapport à celui-ci, mais aussi le besoin de pardonner aux occidentaux des années d'exploitation et de colonisation injuste. Si certains ne manqueront pas de qualifier le film de xénophobe, en réalité, il donne une vision très nationaliste du problème, et va donc en ce sens plus loin que le personnage de Wong Fei-Hung, ici avant tout un véhicule aux thèses socio-politiques d'un Tsui Hark au sommet de sa forme. IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE est aussi une date importante dans le sens ou il marque la première fois que Jet Li interprète le rôle. Celui-ci deviendra très vite le deuxième acteur, juste derrière, à avoir le plus interprété Wong Fei-Hung, avec pas moins de 5 films sur le personnage à son actif. Celui-ci est en grande partie responsable du succès à l'étranger de Wong Fei-Hung. Celui-ci est de loin le meilleur interprète du personnage, et il a donné un visage très charismatique en Occident à un mythe oriental qui y était alors peu connu. Qu'on le veuille ou non, la popularité du personnage en Occident, si elle reste limitée, demeure entièrement due a Jet Li et à son travail sur le personnage (c'est d'ailleurs sans aucun doute son meilleur rôle).

Wong Fei-Hung, Il était une fois en Chine, Jet Li 2[JET LI - IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE - TSUI HARK - 1991]

Wong Fei-Hung, Il était une fois en Chine II, Jet Li 2[JET LI - IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE II - TSUI HARK - 1992]

Après le succès monumental du premier IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, Tsui Hark et Jet Li remettent le couvert en 1992 avec IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE II : LA SECTE DU LOTUS BLANC. Celui-ci est sans aucun doute le meilleur film sur Wong Fei-Hung. C'est un chef d'oeuvre épique, crépusculaire et complètement bouleversant qui permet au personnage d'entrer en Occident dans la légende. Par ailleurs, celui-ci marque une avancée majeure dans le parcours et l'histoire cinématographique de Wong Fei-Hung, puisque, pour une des premières fois, voire la première fois, on y voit ce dernier tuer à plusieurs reprises. Bien sur, ses actions sont toujours motivées par une grande soif de justice et par la vertu, mais elles tranchent complètement avec les actions habituelles du personnage, notamment celles montrées dans les films de Kwan Tak-Hing. En 1993, Tsui Hark pousse avec IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE III : LE TOURNOI DU LION le vice encore plus loin, en exposant pour la première fois la relation qu'entretient Wong Fei-Hung avec son illustre père Wong Kei-Ying, dont c'est la première apparition majeure à l'écran. Néanmoins, il demeure un personnage secondaire et son importance dans le récit reste limitée... Qu'a cela ne tienne, la même année, Tsui Hark produit IRON MONKEY de Yuen Woo-Ping, ou l'enfance de Wong Fei-Hung nous est montrée. Celui-ci est, pour une fois, en second plan par rapport à son père, véritable vedette du film, héros noble et vaillant qui, pour exercer la justice, va jusqu'a enfreindre les lois. C'est à ce jour l'apparition de Wong Kei-Ying la plus notable, et Donnie Yen donne au personnage une épaisseur et une profondeur déjà bien appuyée par le scénario.

Wong Kei-Ying, Il était une fois en Chine 3, Shun Lau[SHUN LAU DANS LE RÔLE DE WONG KEI-YING - IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE III - TSUI HARK - 1993]

Wong Kei-Ying, Iron Monkey, Donnie Yen 2[DONNIE YEN DANS LE RÔLE DE WONG KEI-YING - IRON MONKEY - YUEN WOO-PING - 1993]

Wong Fei-Hung, Iron Monkey, Tsang Sze-Man[LA JEUNE TSANG SZE-MAN DANS LE RÔLE DE WONG FEI-HUNG - IRON MONKEY - YUEN WOO-PING - 1993]

Wong Kei-Ying, portrait[PORTRAIT DE WONG KEI-YING]

La démarche de Tsui Hark et Yuen Woo-Ping derrière IRON MONKEY semble simple : renouveler le mythe de Wong Fei-Hung tout en remettant au gout du jour la popularité de Wong Kei-Ying, souvent éclipsé par la popularité sans précédent de son fils. Dans IRON MONKEY, c'est celui-ci qui est le plus mis en avant, et c'est ses rapports avec le voleur Iron Monkey qui l'amèneront à accepter et exercer les valeurs de justice et d'équité, quitte à aller au-delà des lois, qu'il enseignera à son fils (selon les films) qui sont au centre du film. Wong Fei-Hung est également renouvelé dans le sens ou Tsui Hark et Yuen Woo-Ping amènent ce dernier dans une direction similaire à celle explorée par Yuen Woo-Ping avec DRUNKEN MASTER. Wong Fei-Hung y est immature, et si on échappe à l'aspect comique évident du film avec Jackie Chan, le film se pose néanmoins comme un voyage initiatique pour ce dernier, un voyage initiatique dirigé par deux mentors : Wong Kei-Ying, bien évidemment, mais aussi Iron Monkey, voleur quelque peu similaire à Robin des bois, qui vole aux plus riches pour donner aux plus pauvres, et qui, selon Tsui Hark et Yuen Woo-Ping, aidera Wong Fei-Hung à parfaire son art, à dépasser ses capacités et à comprendre plus aisément les valeurs importantes mais floues que sont la justice et la vertu. Alors que Wong Fei-Hung et Wong Kei-Ying appliquent de plus en plus la justice tout en s'aventurant de plus en plus sur le chemin de l'illégalité, IRON MONKEY s'annonce comme une oeuvre subversive et transgressive de plus, qui apporte une facette supplémentaire aux deux personnages et ignore absolument tous les codes imposés par les autres films les concernant. En 1993, le mythe Wong Fei-Hung à, depuis 1990, été constamment revisité de manière subversive, mais malheureusement, cette tendance commence à s'essouffler. Après IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE III, Jet Li et Tsui Hark se brouillent, et c'est Chiu-Man Cheuk qui prend la relève et incarne Wong Fei-Hung. Son succès n'est que modéré, Jet Li lui étant largement supérieur dans ce rôle-là.

Iron Monkey, un mentor pour Wong Fei-Hung selon Tsui Hark 2[RONG GUANG YU DANS LE RÔLE D'IRON MONKEY - IRON MONKEY - YUEN WOO-PING - 1993]

Wong Fei-Hung, Claws of steel, Jet Li[JET LI - CLAWS OF STEEL - JING WONG - 1993]

En 1993, Jet Li tourne sa dernière incursion dans l'univers de Wong Fei-Hong : CLAWS OF STEEL de Jing Wong. Celui-ci prend le parti de la comédie burlesque, et Wong Fei-Hung y serait montré comme un personnage pas franchement très brillant, puisqu'il ouvre, sans le savoir, une école d'arts martiaux à côté d'un bordel. C'est néanmoins un film mineur, et son influence sur le mythe est limité. Wong Fei-Hung est alors sur la fin, mais, malgré cela, Liu Chia-Liang et Jackie Chan tournent en 1994 une des plus grandes Kung-Fu comedies de tous les temps et une des oeuvres sur le personnage les plus réussies : DRUNKEN MASTER II. Celui-ci rejoint la direction entreprise par le premier DRUNKEN MASTER : Jackie Chan y interprète un Wong Fei-Hung indiscipliné, un peu bête, et qui semble joyeusement apprécier l'alcool, mais à cette vision subversive du personnage se rajoute son rapport avec son père, Wong Kei-Ying, qui l'est tout autant. DRUNKEN MASTER II, par rapport au premier opus, ne renouvelle pas le mythe de Wong Fei-Hung, mais il renouvelle complètement celui de Wong Kei-Ying en le montrant comme un père trop dur, qui ne comprend de toute évidence pas les motivations de son fils (qui sont d'empêcher des étrangers de priver les chinois de leur culture), ni ses raisons pour lesquelles il boit et utilise la boxe de l'homme ivre, et se montre parfois véritablement affreux à son égard. Très vite, la relation Wong Fei-Hung - Wong Kei-Ying devient le centre du film, et il donne lieu à des scènes hilarantes comme à des scènes touchantes et émouvantes. Une chose est sure : DRUNKEN MASTER II, avec IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE II, est le meilleur film sur Wong Fei-Hung, mais il est aussi intéréssant dans le sens ou, avec IRON MONKEY, il révèle un aspect important de la culture chinoise : leur rapport à la paternité. Dans l'un, Wong Kei-Ying transmet à Wong Fei-Hung ses savoirs, dans l'autre, celui-ci, brillament interprété par Ti Lung, lui transmet la responsabilité de son honneur & de celui de son école. Il y a une question d'héritage constante dans la culture chinoise que montre brillamment le mythe Wong Fei-Hong, ce que le rôle de Lin Shi-Rong dans l'histoire de Wong Fei-Hung prouve une fois de plus. Au décès de celui-ci, Shi-Rong transmet son mythe et sa légende et permet l'adaptation de ses aventures en films et, par la même, crée le mythe tel qu'on le connait. Au travers de sa "carrière" cinématographique, Wong Fei-Hung à transmis au public chinois comme au public occidental, une vision très patriarchique de la société chinoise, et lorsque son rapport avec son père n'est pas mis en évidence, c'est le rapport entre Wong Fei-Hung, le "sifu" (le maître) avec ses disciples, qui est mis en avant.

Wong Fei-Hung, Drunken Master II, Jackie Chan[JACKIE CHAN - DRUNKEN MASTER II - LIU CHIA-LIANG - 1994]

Malgré le succès incroyable de DRUNKEN MASTER II, le mythe Wong Fei-Hung finit par s'essouffler. IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 5 & 6 ne parviennent pas à relancer le film. Un DRUNKEN MASTER III sera réalisé par Liu Chia-Liang, mais c'est un échec. Le personnage sera interprété pour la dernière fois en 2004 par Sammo Hung dans le désastreux LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS. Avec ce film, c'est 55 ans d'évolution cinématographique qui se terminent pour Wong Fei-Hung. Celui aura évolué au travers les années, pour passer du héros traditionnel et classique interprété par Kwan Tak-Hing à des visions plus subversives, comme celle offerte par Yuen Woo-Ping dans DRUNKEN MASTER ou par Tsui Hark dans IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE. Cette évolution témoigne d'ailleurs de l'importance du personnage à l'échelle du cinéma hong-kongais : les deux sont inséparables, et si l'un s'essouffle, l'autre s'essouffle. Si l'un connait le succès, alors l'autre aussi. Dès lors, il devient évident que le cinéma hong-kongais s'est à ce jour complètement essoufflé et n'est pas encore parvenu à redémarrer pour connaître sa gloire d'antan, ou on prenait des mythes aussi divers bien que liés tels que ceux de Wong Fei-Hung, Wong Kei-Ying ou Lin Shi-Rong pour jouer sur les codes, dynamiter les règles du cinéma et déconstruire les genres. C'est une époque finie. Néanmoins, malgré cela, Wong Fei-Hung reste une figure importante dans l'esprit de beaucoup de monde, notamment en Chine, ou le personnage jouit toujours d'une grande renommée, et il est fort probable qu'on voie un jour de nouvelles adaptations au cinéma de ses aventures... Seulement, que rajouter au mythe? Après les expérimentations narratives entreprises par Jackie Chan, Liu Chia-Liang, Yuen Woo-Ping, Tsui Hark, et tant d'autres, qu'y a t-il d'autre à montrer? Quelle autre façette inconnue au public du personnage est-ce que le cinéma peut dévoiler? Et finalement, est-ce que l'essoufflement du personnage et du cinéma HK en général est-il toujours lié? Tellement de choses ont été faites par rapport à Wong Fei-Hung qu'on en arrive au point ou le mythe à touché les confins de l'imagination, et il est fort probable qu'il n'y ait en réalité plus rien à dire ou à montrer. Mais je ne crois pas en cette théorie. Le cinéma évolue, les standards changent, et l'imagination ne se développe que par rapport à l'état de ceux-ci. Un jour, un nouveau génie remettra au gout du jour de manière complètement inattendue le mythe de Wong Fei-Hung et révolutionnera le cinéma hong-kongais une nouvelle fois. Mais quand et qui? Faut voir. En l'état, avec 89 films à son actif, le mythe de Wong Fei-Hung reste immortalisé à jamais, et les fans du cinéma hong-kongais ont encore de quoi faire et des choses à voir dans sa longue "filmographie".

Wong Fei-Hung et Wong Kei-Ying, Iron Monkey, Tsang Sze-Man et Donnie Yen[WONG FEI-HUNG (TSANG SZE-MAN) ET WONG KEI-YING (DONNIE YEN) - IRON MONKEY - YUEN WOO-PING - 1993]

LES FILMS SUR WONG FEI-HUNG :

-LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS, FRANK CORACI, 2004 (SAMMO HUNG)
-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 6 : DR WONG EN AMÉRIQUE, TSUI HARK, 1997 (JET LI)
-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 5 : DR WONG CONTRE LES PIRATES, SAMMO HUNG, 1994 (CHIU-MAN CHEUK)
-DRUNKEN MASTER III, LIU CHIA-LIANG, 1994 (WILLIE CHI)
-DRUNKEN MASTER II, LIU CHIA-LIANG, 1994 (JACKIE CHAN)
-FIST OF THE RED DRAGON, YUEN WOO-PING, 1993 (YUK WONG)
-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 4 : LA DANSE DU DRAGON, BUN YUEN, 1993 (BUN YUEN)
-MASTER WONG VS. MASTER WONG, LIK CHI-LEE, 1993 (ALAN TAM)
-CLAWS OF STEEL, JING WONG, 1993 (JET LI)
-IRON MONKEY, YUEN WOO-PING, 1993 (TSANG SZE-MAN)

-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 3 : LE TOURNOI DU LION, TSUI HARK, 1993 (JET LI)
-FIST FROM SHAOLIN, KWOK WAI-LO, 1993 (KWAN WONG)
-GREAT HERO FROM CHINA, JANG LEE HWANG, 1992 (KAR LOK CHIN)
-ONCE UPON A TIME A HERO IN CHINA, LIK CHI-LEE, 1992 (ALAN TAM)
-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 2 : LA SECTE DU LOTUS BLANC, TSUI HARK, 1992 (JET LI)
-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, TSUI HARK, 1991 (JET LI)
-MARTIAL CLUB, LIU CHIA-LIANG, 1981 (GORDON LIU)
-LE TIGRE BLANC, YUEN WOO-PING, 1981 (KWAN TAK-HING)
-THE MAGNIFICENT KICK, DARVE LAU, 1980 (KWAN TAK-HING)
-LE HÉROS MAGNIFIQUE, YUEN WOO-PING, 1980 (KWAN TAK-HING)
-DRUNKEN MASTER, YUEN WOO-PING, 1978 (JACKIE CHAN)
-LE COMBAT DES MAÎTRES, LIU CHIA-LIANG, 1976 (GORDON LIU)
-RIVALS OF KUNG-FU, FUNG WONG, 1974 (CHUNG TIEN SHIH)
-THE SKYHAWK, CHANG HWA-JEONG, 1974 (KWAN TAK-HING)
-THE MASTER OF KUNG-FU, MENG HUA HO, 1981 (KU FENG)
-WONG FEI-HUNG BRAVELY CRUSHING THE FIRE FORMATION, KEI LAW, 1970 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG : THE CONQUEROR OF SAM-HONG GAN, FUNG WONG, 1969 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG ZUI DA BA JIN GANG, FUNG WONG, 1968 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG : THE INVINCIBLE LION DANCER, FUNG WONG, 1968 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG MEETING THE HEROES WITH THE TIGER PAW, INCONNU, 1967 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG SMASHED THE FIVE TIGERS, INCONNU, 1961 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S COMBAT IN THE BOXING RING, LING LO, 1960 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S BATTLE WITH THE GORILLA, INCONNU, 1960 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG ON RAINBOW BRIDGE, INCONNU, 1959 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG DEFEATED THE TIGER ON THE OPERA STAGE, INCONNU, 1959 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG WAS TRAPPED IN THE DARK INFERNO, INCONNU, 1959 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG AND HIS WIFE CONQUERED THE THREE RASCALS, PENGNIAN REN, 1958 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S FIERCE BATTLE, PENG HU, 1959 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG ERASED THE GOLDEN BELL TRAP, INCONNU, 1958 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S BATTLE WITH THE BULLIES IN THE BOXING RING, INCONNU, 1958 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG SAVED THE BRIDE AT XIGUAN, INCONNU, 1958 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG SAVED LIANG KUAN FROM THE TIGER'S CAVE, INCONNU, 1958 (KWAN TAK-HING)

-WONG FEI HUNG'S VICTORY AT MA VILLAGE, INCONNU, 1958 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI HUNG STORMED PHOENIX HILL, INCONNU, 1958 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG USED AN IRON FOWL AGAINST THE EAGLE, INCONNU, 1958 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG CONQUERED THE TWO DRAGONS WITH THE FIVE SNAKES, INCONNU, 1958 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI HUNG'S KING LION WINS THE CHAMPIONSHIP, PENG HU, 1957 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI HUNG'S FIGHT AT HENAN, PENG HU, 1957 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI HUNG'S THREE BATTLES WITH THE UNRULY GIRL, INCONNU, 1957 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG FOUGHT A BLOODY BATTLE IN THE SPINSTER'S HOME, INCONNU, 1957 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG SPIED ON BLACK DRAGON HILL AT NIGHT, INCONNU, 1957 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG SMASHED THE FLYING DAGGER, INCONNU, 1957 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI HUNG : DUEL OF THE TWO DRAGONS FOR THE PEARL, INCONNU, 1957 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI HUNG AND THE BATTLE OF SADDLE HILL, INCONNU, 1957 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI HUNG GOES TO A BIRTHDAY PARTY AT GUANSHAN, PENG HU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI HUNG'S VICTORY AT XIAO-BEIJIANG, PENG HU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG VANQUISHED THE TERRIBLE HOUND AT SHAMIAN, TIAN LIN-WANG, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG PITTED A LION AGAINST THE UNICORN, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG THRICE TRICKED THE GIRL BODYGUARD, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG AT A BOXING MATCH, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG VANQUISHED THE TWELVE TIGERS, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S FIGHT AT FOSHAN, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG VANQUISHED THE BULLY AT THE RED OPERA FLOAT, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG SAVED THE LOVELORN MONK FROM THE ANCIENT MONASTERY, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG PITTED 7 LIONS AGAINST THE DRAGON, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG ATTENDS THE JOSS-STICK FESTIVAL AT HEAVENLY GODDESS TEMPLE, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)

-WONG FEI-HUNG WINS THE DRAGON BOAT RACE, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S VENGEANCE AT QUANYINSHAN, PENG HU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG RESCUES THE FISHMONGER, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG CONQUERED THE TWO TIGERS, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG THRICE CAPTURED SU SHULIAN IN THE WATER, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG FOUGHT 5 DRAGONS SINGLE-HANDED, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG : THE IRON ROOSTER VS. THE CENTIPEDE, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S SEVEN BATTLES WITH THE FIERY UNICORN, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG AND THE COURTESAN'S BOAT ARGUMENT, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG SET FIRE TO DA-SHA-TOU, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG AND THE LANTERN FESTIVAL DISTURBANCE, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S BATTLE AT SHUANGMEN-DI, INCONNU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG VANQUISHED THE BULLY AT LONG DIKE, PENG HU, 1956 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG VIED FOR THE FIRECRACKERS AT HUADI, INCONNU, 1955 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S VICTORY AT FOURTH GATE, INCONNU, 1955 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG TRIES HIS SHADOWLESS KICK, INCONNU, 1954 (KWAN TAK-HING)
-DUEL WITH WONG FEI-HUNG, PENG HU, 1953 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S BLOOD BATTLE IN FURONG ALLEY, INCONNU, 1952 (KWAN TAK-HING)
-WONG FEI-HUNG'S BATTLE AT LIU-HUA BRIDGE, INCONNU, 1950 (KWAN TAK-HING)
-STORY OF WONG FEI-HUNG PART 2, PENG HU, 1949 (KWAN TAK-HING)
-STORY OF WONG FEI-HUNG, PENG HU, 1949 (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG REPEALED THE CASE OF THE WRONGLY ACCUSED, INCONNU, ??? (KWAN TAK-HING)
-HOW WONG FEI-HUNG RESCUED THE ORPHAN FROM THE TIGER'S DEN, INCONNU, ??? (KWAN TAK-HING)

Wong Fei-Hung, Drunken Master II, Jackie Chan 3[JACKIE CHAN - DRUNKEN MASTER II ,YUEN WOO-PING, 1994]

LES FILMS SUR WONG KEI-YING

-DRUNKEN MASTER III, LIU CHIA-LIANG, 1994 (ADAM CHENG)
-DRUNKEN MASTER II, LIU CHIA-LIANG, 1994 (TI LUNG)
-IRON MONKEY, YUEN WOO-PING, 1993 (DONNIE YEN)
-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 4 : LA DANSE DU DRAGON, BUN YUEN, 1993 (SHUN LAU)
-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 3 : LE TOURNOI DU LION, TSUI HARK, 1993 (SHUN LAU)
-MARTIAL CLUB, LIU CHIA-LIANG, 1981 (KU FENG)
-LE COMBAT DES MAÎTRES, LIU CHIA-LIANG, 1976 (YANG CHIANG)

Wong Kei-Ying, Iron Monkey, Donnie Yen[DONNIE YEN - IRON MONKEY, YUEN WOO-PING, 1993]

LES FILMS SUR LIN SHI-RONG

-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 5 : DR WONG CONTRE LES PIRATES, SAMMO HUNG, 1994 (KENT CHENG)
-MASTER WONG VS. MASTER WONG, LIK-CHI LEE, 1993 (ERIC TSANG)
-ONCE UPON A TIME A HERO IN CHINA, LIK-CHI LEE, 1992 (ERIC TSANG)
-IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, TSUI HARK, 1991 (KENT CHENG)
-LE HÉROS MAGNIFIQUE, YUEN WOO-PING, 1979 (SAMMO HUNG)
-RIVALS OF KUNG-FU, FUNG WONG, 1974 (CHUNG-HSIN TUNG)

Lin Shi-Rong, Il était une fois en Chine, Kent Cheng 2[A gauche, YUEN BIAO dans le rôle de Leung Foon, et à droite, Kent Cheng dans le rôle de Lin Shi-Rong dans IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE (1991)]

-ZE RING-

FIN[JACKIE CHAN - DRUNKEN MASTER II, LIU CHIA-LIANG, 1994]